" Que dire du bonheur? Rien, ça emmerdre le monde. Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Vous seriez jaloux, mesquins. Pourquoi cela marcherait-il à ce point pour nous, et pas pour vous? Et puis je ne vais pas vousraconter mon sourire niais? ça ne se raconte pas un sourire, surtout niais!
Je ne vais pas vous retranscrire les adorables bêtises su'on se débite à longeur de nuits, ni décrire sa façon de replacer mes mèches derrière mon oreillle, la douceur de sa jouecontre la mienne, et son regard plongé dans le mien...
Vous voyez , je tombe trés vite dans les mauvais clichés.
Joue contre Joue, yeux dans les yeux, main dans la main... Ce qu'on est con quand on aime! Ce qu'on est niaiseux, mielleux, fleur bleue, aveugle et sourd! Je promène ma tête d'autiste dans les rues, sans me péoccuper le moins du monde d'effrayer ou non mon etourage qui n'existe plus, ou les passants que je ne vois même pas. Seule compte son opinion.
Six mois de bonheur. Partagé. Des souvenirs désordonnés, et cette sensation au creux du ventre quand je les évoque... Un entrelacs de rires, de jambes, de fumée... les effluves de Dior et de Paco rabanne entremêlés... l'hiver puis le printemps... mes mains crispées sur sa peau... sa voix qui me rend folle... l'obscurité radieuse qui règne dans ma chambre quand je dors danc ses bras... la fièvre qui nous anime, nos discussions exaltées et nos inlassables étreintes... le désir qui renaît aussitôt satisfait... l'oubli total de ce monde insignifiant... juste lui... juste moi... nos membres confondus... nos rires accordés... et noyer mon regard dans ses yeux limpides... ne plus rien désirer... ne plus rien redouter... l'imperfectible satiété du corps à corps... du coeur à coeur... bercé par la musique extatique de mots d'amour qui me sont déstinés... nos deux êtres côte à côte... en silence... qui exultent uniquement d'être ensemble..."